Michel Lagarde

Dramagraphies

Dramagraphies : Autoportraits In Situ

Construction des maquettes volume des différents éléments constituant le décor.
Mise en place du cadrage de l'image et de sa perspective. Taille finale de l'image : 1,30m sur 0,91 m.
Prise de vue "grossière" des maquettes des principaux éléments du décor. Mise en perspective de ces éléments dans l'image.
Prise de vue de différentes plaques de tôles patinées qui feront la base du sol. Le cadre rouge représente la prise de vue d'une image 27x20cm en 300 dpi.
Prise de vue en "rapproché" de la maquette de la caravane : une trentaine de photographies successives sont collées les unes aux autres garantissant un piqué optimale.
Même méthode de collage pour le ciel. La prise de vue du château d'eau est indépendante du ciel. "Détouré", il permet un réglage lumière indépendant de celui du ciel". Les lointains ne sont jamais "floutés". Le principe d'éloignement est donné, comme en peinture, à l'aide de glacis blanc.
Habillage toile du chapiteau. Prise de vue de différents drapés positionnés dans l'image grâce à la base maquette.
Prise de vue des modèles de barrière sous différentes perspectives. Les cercles sont dessinés avec Photoshop.
Habillage intérieur roulotte (papier peint et rideau) et maquette escalier.
Prise de vue indépendante de chaque accessoire : guitare, grosse caisse, sceau, pieu, chaîne. Lors de la prise de vue, anticipation de la lumière et de la bonne perspective.
Habillage du sol par ajout de photos de terres sur fond incrusté, paille et herbes par la même technique.
Les personnages sont des autoportraits réalisés au retardateur. Selon la taille du personnage dans l'image, de 10 à 20 photographies collées sont nécessaires par personnage. Travail sur le costume et la déformation des personnages.
Création de l'affiche. Le décor est ensuite patiné élément par élément par apport de textures.
Mise en lumière, en commençant par les lointains et en se rapprochant des zones les plus proches de "l'objectif". Toutes les opérations concernant la mise en lumière de l'image seront conservées en mémoire pour des ajustements lors des tirages d'essai sur papier.
Mise en lumière et ombres portées du dessous de la roulotte, de la grosse caisse et de la guitare, du seau et de l'escalier, de la chaîne et du pieu.
Ombres portées des personnages, de la pancarte et d'une roulotte hors-champ. L'image est prête pour le premier tirage d'essai.
Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon Construction de l'image L'homme Canon

Projet "Dramagraphie - Autoportrait In Situ"

Je travaille sur le projet "Autoportrait In Situ" depuis bientôt deux ans. Comédien et décorateur d'une compagnie théâtrale durant dix ans,j'ai ensuite continué mon travail de décorateur-scénographe pour le théâtre,le cinéma,l'événementiel,et la haute couture. En parallèle, j'expérimentais la peinture,la sculpture,et la photographie. Je cherchais un projet,une technique capable de lier l'ensemble de mes travaux. Ainsi est né ce projet où la photo numérique en serait la base : mon travail de comédien donnerait corps aux personnages et à la mise en scène des images, mes connaissances de décorateur et du travail théâtral et cinématographique me permettraient de créer les décors sous la forme de maquettes-volumes mises en lumière. Le peintre aiderait au travail sur la couleur,la lumière et la mise en forme de l'image traduisant ainsi cette envie de peindre avec de la photo, de me servir de mon appareil photographique comme d'un pinceau.

Mes préférences pour les architectures et les personnages du passé n'entament en rien l'envie de donner à mes images une résonance actuelle. Un tableau de Jérôme Bosch nous en dit autant sur la barbarie humaine qu'une photo de guerre en Irak. La modernité, tant recherchée, n'est pas l'actualité, elle est simplement la capacité à faire "vibrer" le spectateur devant une image, l'instant présent durant lequel il éprouve un sentiment face à l'oeuvre.

Cet ensemble d'images sont des autoportraits, mais la distanciation est évidente. Comme l'acteur ou le comédien, j'interprète un rôle, je me mets en représentation. Le décor, lui, est composé comme une réponse au personnage,il permet d'amplifier son caractère, de le mettre dans un contexte qui enrichira sa propre histoire.

La tragi-comédie est un art majeur de narration, elle permet à l'image de transmettre toutes les formes de sentiments, de mettre en scène des personnages marqués par la vie. Ils peuvent parfois en tirer une certaine noblesse: un boxeur vaincu et abîmé par un combat difficile posant devant le photographe, ou un soldat qui "tombe en panne d'essence" sur le champ de bataille,ou encore ce "grand chasseur blanc" perdu dans la forêt équatoriale, armé d'un fusil devenu dérisoire, et c'est toute l'ironie et la cruauté de la vie qui impriment l'image.

Technique de travail : photos numériques sous application photoshop

Lorsque vous vous positionnez face à un décor et que vous regardez tous les objets qui le composent, ceux-ci sont nets. L'appareil photographique n'a pas cette aptitude, seuls sont nets les objets inclus dans la profondeur de champ. Partant de cette simple observation, j'ai imaginé une "technique numérique"qui permet comme l'oeil humain de bannir le flou de l'image. Les images obtenues gagnent en piqué et une impression particulière et nouvelle s'en dégage.

Le but est aussi de construire un négatif numérique de la taille de l'impression (en moyenne 1,2m x 0,90m en 300 dpi). Aucune photo servant à l'élaboration de l'image finale ne sera "boostée" ou agrandie. La multiplication des images collées les unes aux autres donneront une image finale avec un piqué maximal (celui de l'appareil utilisé).
Cette technique s'est imposée car je voulais créer mes décors en studio à l'echelle 1/10eme. La prise de vue rapprochée des maquettes posait des problèmes de netteté due à une profondeur de champ réduite. La multiplication des photos d'un même élément de décor, collées ensuite sur Photoshop, réglait le problème.

Faire des décors en studio permet de gérer celui-ci d'une manière cinématographique et théâtrale. Les personnages et certains éléments du décor, photographiés à taille réelle s'intégrent dans l'image grâce aux possibilités que proposent Photoshop.

Le décor est mis en représentation et non pas imposé dans le cas d'un décor naturel. Dans les pages suivantes, j'ai essayé de décrire d'une manière simplifiée le principe technique utilisé.

Photographie Michel Lagarde - réalisation site Yohann Cordelle