À PROPOS
Bruno Delarue • Pour l’exposition “Dramagraphies” à La Bénédictine de Fécamp
Avec ses Dramagraphies, scènes totalement imaginaires en des lieux tout aussi fictifs dans lesquelles il s’approprie tous les rôles, Michel Lagarde pose sur la vie un regard aussi aigu que celui du cinéma réaliste.
En tant que seul personnage multiplié à l’envie de ce comique de situation, il concentre dans chaque image la somme de ses divers métiers du spectacle puisqu’il en invente le scénario, modèle les décors, règle la lumière au millimètre et prend, bedaine au vent, l’allure de tous les personnages de la comédie humaine. Bref, il n’y a de vrai ici que lui, ce type sacrément farceur, qui a compris que l’humanité n’est pas forcément ce qu’elle devrait être, et que l’on est jamais mieux servi que par soi-même.
Le brio de la construction de ces images conjugué à l’humour omniprésent fait de cet œuvre l’une des visions les plus drôles et les plus envoûtantes, tout en restant l’une des plus acerbes, de la photographie actuelle.
Patrick Mecucci • Pour la parution du portfolio “Les Jumeaux falsifiés”
édité par Nassib Traboulsi – Espace Déclic
Michel Lagarde explique volontiers et avec humilité, ses techniques, ses trucs d’artisan… Mais rendent-ils compte du travail de l’artiste ? De ce travail long et parfois douloureux où l’image naît pixel à pixel, où chaque contraction laisse apercevoir des ombres et des lumières, des doutes et des questions qui sont le berceau de ces décors d’un imaginaire apparenté à ceux d’Alexandre Trauner ou d’Aline Bonetto ?
Et puis il y a le travail de l’acteur qui prend place devant l’objectif et délaisse la roublardise du metteur en scène pour retrouver la sincérité et la prise de risque nécessaires à l’incarnation. Qu’en dire ? Qu’en déduire ? Quelle parenté lui trouver ? Quel intérêt à le faire ?
Constatons seulement que, par-delà la stupeur que nous impose la perfection technique de ses images, Michel Lagarde nous permet de lancer un regard indiscret dans le jardin de l’enfance, baroque, candide et révolue.
Par-delà la stupeur que nous impose la perfection technique de ses images, Michel Lagarde nous permet de lancer un regard indiscret dans le jardin de l’enfance, baroque, candide et révolue.
Olivier Roset • Note d’intention pour un documentaire sur les “Dramagraphies”
À l’exceptions de quelques rares portraits de personnages taciturnes ou inquiétants, il y a une forme de légèreté dans la façon dont Michel Lagarde parvient à traiter chaque sujet : tantôt proche de Méliès et de son humour enfantin, tantôt de Daumier et de son sens aigu de la caricature, tantôt de Tati et de son humour délicat. Au delà des prouesses techniques mises en oeuvre pour créer décors et accessoires, pour jouer et incarner tous les personnages (!) que je ne manquerai pas d’évoquer, c’est cette alchimie d’humour et de beauté mêlée qui a forgé mon intime conviction de réaliser un travail documentaire sur l’oeuvre de Michel Lagarde.
Entretien avec Michel Lagarde
Réalisé par François-Nicolas L’Hardy pour le Centre Atlantique de la Photographie